© 2016 par Benjamin Beaugé

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Témoignage d'hypnose : douleurs chroniques

Mis à jour : 15 févr 2019


Isabelle a des douleurs chroniques de type sciatique à gauche, ses enfants l'envoient vers un hypnothérapeute.

On parle d'une douleur "chronique" quand celle-ci est rebelle aux traitements pendant plus de 3 à 6 mois. Selon la localisation, l'intensité et le type de douleur, les conséquences peuvent être très importantes sur la qualité de vie de la personne. Au delà de la limitation de certains mouvements, ces douleurs peuvent même affecter profondément le moral et causer des dépressions graves. Une douleur est traitée relativement facilement en hypnose, il y a de nombreuses techniques pour cela. Une douleur chronique nécessite une prise en charge un peu plus particulière.


  1. Anamnèse : un terrain complexe, des douleurs anciennes Je fais la connaissance donc d'Isabelle, et lui demande quels sont ses traitements en cours pour les douleurs, si elle prend autre chose tels qu'hypnotiques (les médicaments n'est-ce pas !), antidépresseurs ou autre. Elle me sort toute une liste dont morphiniques et autres opiacés. Elle me précise qu'elle a ces douleurs depuis une vingtaine d'années. Et la je me dit : avec une douleur aussi ancrée dans le quotidien de la personne et sur aussi longtemps, ça risque d'être coton. Oui, une autre précision utile : Isabelle est une jeune femme de 97 ans  ! 

  2. Tests de suggestibilité et induction : premiers pas vers l'état d'hypnose Pour les tests de suggestibilité, j'ai utilisé la visualisation des livres dans une main et des ballons accrochés à l'autre poignet. Au début pas d'écart sensible entre les 2 bras. Isabelle serait-elle très peu suggestible ? Au bout d'un moment, elle me dit qu'elle n'entend quasi rien... Et oui, les yeux ouverts, elle lisait sur mes lèvres, mais les yeux fermés c'est plus dur. Les oreilles d'Isabelle ont elles aussi 97 ans. On fait donc le reste de la séance avec un appareil amplificateur de son qu'elle utilise habituellement pour regarder la tv. Pour l'induction, je lui demande de penser à une activité qu'elle aime bien faire, qui la détend : elle me répond qu'elle aime bien faire les courses ! Un bon hypnothérapeute sait s'adapter : après une période de surprise que je tente de dissimuler au mieux, je lui tricote  une induction sur mesure, où elle doit compter les caddies qui partent et qui arrivent, et elle s'évade tranquillement dans un état d'hypnose, plutôt léger mais avec de bons marqueurs : les paupières qui tremblent, la respiration profonde et une bonne catalepsie du bras droit (le bras qui tient tout seul). J'utilise souvent cette technique pour les personnes âgées ou insomniaques pour vérifier qu'ils ne sombrent pas vers le sommeil en pleine séance. On peut commencer à travailler !

  3. Phase de travail et protocoles : des techniques de modification des perceptions Juste après l'induction, nous avons continué donc nos achats (les siens en l'occurence), et avons ajouté des ressources à notre caddie, en allant les chercher dans tous les rayons de la conscience d'Isabelle. Il a fallu enlever certains objets non désirés et encombrants du caddie, car ils occupaient toute la place. En enlevant ces objets, je vois Isabelle qui semblent se détendre profondément en prenant une profonde inspiration. Elle semble soulagée d'un poids. Pour certaines ressources il a fallu demander de l'aide car ils n'étaient pas en rayon, pas accessibles immédiatement, mais pourtant dans les stocks du magasin. Un employé a pu lui fournir tout ce dont elle a besoin. Ouf. La stratégie était clair : faire un protocole de fond, actif même quand elle n'y pense pas, et si un jour elle venait à avoir des douleurs quand même, une technique plus "immédiate". Nous avons donc ensuite utilisé la technique du gant anesthésique. Le gant était plutôt efficace, bon engourdissement de la main, et anesthésie bien transmise à sa hanche lorsqu'elle la touche.

  4. Sortie d'hypnose et tests d'efficacité : cotation des douleurs pour une évaluation fiable de l'efficacité La sortie se fait en douceur. Isabelle me dit qu'elle a l'impression d'avoir dormi, elle ne se souvient plus de certains passages. Le bras était pourtant en catalepsie pendant bien 30minutes, et pas d'endormissement ! Je la rassure sur ce point... étonné moi-même qu'elle ait réussi physiquement à garder le bras en l'air immobile aussi longtemps. Evaluation de la douleur : en début de séance elle cotait sa douleur à 6 au repos, et jusqu'à 10 selon les mouvements. Après séance : 0. Elle a l'air étonnée, surprise.


"Si je pouvais me sentir comme ça tout le temps ça serait génial ! Zéro douleur et bien détendue. Je suis bien, voilà c'est tout !"

Quelques jours après, Isabelle a bien diminué (avec accord de son médecin) ses doses de morphine, et ses douleurs sont bien plus supportables. Elle n'a que très rarement besoin d'utiliser son gant anesthésique.


Isabelle a l'air satisfaite. Je le suis aussi. Très belle expérience, et belles leçons de vie. J'ai appris avec elle, et lui en remercie.




En lisant ces lignes, vous avec peut-être trouvé des similitudes avec ce que vous vivez. Peut être que ça vous y a fait penser, par moments, de près ou de loin.


Alors en y réfléchissant... aujourd'hui... pourquoi pas vous ?


#TémoignagedHypnose